Enfantement de Fanny,
se sentir la femme la plus forte du monde !

 Épisode 22

Aujourd’hui, j’ai la joie de vous partager aujourd’hui le témoignage de Fanny, une française en Australie qui nous raconte la naissance à la maison de son premier enfan, entourée de son mari, de sa doula et d’une sage-femme comme on en connait peu. Son bébé est arrivé en siège, par surprise. Son histoire nous rappelle que cette position n’est pas pathologique.

Une naissance qui l’a faite se sentir puissante comme devrait pouvoir l’expérimenter chaque femme.

Fanny évoque aussi les difficultés du postpartum nous rappelant une fois de plus qu’enfantement et postpartum devraient être inséparables dans la manière dont nous les entourons.

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Voici une transcription verbatim. Je veux rendre ces témoignages accessibles à toutes les femmes. Il est fort probable que des erreurs et des coquilles s’y cachent. N’hésitez pas à me les signaler !

 

Salut et bienvenue sur le podcast de Mums Collective où nous célébrons la beauté de la maternité et rendons à la physiologie et à l’intuition maternelle leurs lettres de noblesse.

Je m’appelle Johanna Armnius, j’espère participer au changement de paradigme autour de la naissance et de la maternité en vous partageant des témoignages d’enfantement libres, à la maison, respectés pour que chacune puisse trouver le courage et la confiance de choisir ce qui est bon pour elle et ses enfants

Je voudrais préciser qu’il ne s’agit évidemment jamais de hiérarchiser les expérience, encore moins de donner des conseils. Chaque histoire est unique et j’ai confiance dans l’intelligence et le discernement de chacune pour s’informer et prendre la pleine responsabilité de ses décisions.

cela dit, je suis heureuse de vous annoncer que La Communauté de Mums Collective dont je vous parlais au début du dernier épisode a ouvert ses portes, si vous voulez approfondir ce grand sujet de la naissance libre, de la souveraineté et de l’intuition, rejoignez-nous!

J’ai la joie de vous partager aujourd’hui le témoignage de Fanny, une française en Australie qui nous raconte la naissance à la maison de son premier enfan, entourée de son mari, de sa doula et d’une sage-femme comme on en connait peu. Son bébé est arrivé en siège, par surprise, si l’on peut dire.
Une naissance qui l’a faite se sentir puissante comme devrait pouvoir l’expérimenter chaque femme.
Fanny évoque aussi les difficultés du postpartum nous rappelant une fois de plus qu’enfantement et postpartum devraient être inséparables dans la manière dont nous les entourons.

Bonne écoute !

 

Johanna : Salut Fanny ! Merci beaucoup d’être avec moi sur le podcast. Tu es avec nous en direct d’Australie de Brisbane. Donc on a un petit décalage horaire, et tu vas nous raconter ton parcours et ton cheminement pour donner naissance à ta fille, à ton premier bébé à la maison.

Fanny : Oui, bonjour Johanna. Je m’appelle Fanny. J’habite en Australie depuis neuf ans. J’ai une petite fille qui a bientôt sept mois qui s’appelle Cassidi et donc elle est née à la maison chez nous, en présence d’une doula et d’une sage-femme.

Johanna : On a discuté un peu avant, tu me disais qu’autour de toi, on te prend pour une folle et que ce n’est pas quelque chose du tout de courant.

Fanny : Oui, effectivement. Moi j’ai grandi en France, et en France tout ce que je connais de l’accouchement tout autour de moi c’est : on va à l’hôpital, on fait une péridurale, et on a un bébé et puis voilà. Mais moi, même avant de tomber enceinte, j’ai commencé à questionner cette manière de faire puisque dans ma tête je n’ai jamais passé de séjour à l’hôpital dans ma vie. Et moi, l’hôpital c’est quand on est malade. Et pour moi l’accouchement, c’est quelque chose qui ne nécessite pas forcément une intervention médicale. Donc dans ma tête, bien sûr, je sais que certains accouchements ont besoin de la médecine, mais pour moi la plupart ne devrait pas en avoir besoin et je pensais bien au plus profond de moi que ce n’était pas quelque chose que je voulais.

En creusant un petit peu bien sûr, on entend parler de violence obstétricale et ce genre de choses, cela m’a conforté dans l’idée que c’était quelque chose que je ne voulais pas avoir à combattre. Moi je voulais vraiment une naissance physiologique, et aller à l’hôpital déjà c’est interrompre ce processus quelque part, et je n’avais pas envie d’avoir à me battre pour mes choix en étant vulnérable. Quand on est en travail, on est extrêmement vulnérable, et c’est vraiment peut-être le pire moment pour se battre et avoir ce qu’on veut. Donc moi, je me suis orientée à l’origine vers une maison de naissance, puisque le papa très nerveux – premier enfant forcément – on ne sait pas ce qui nous attend. Le papa, quand j’étais enceinte, on discutait, il disait bien en rigolant : « Tant que tu n’accouches pas à la maison, tu fais ce que tu veux ». Ce à quoi je me suis irritée, à l’époque je ne voulais pas du tout accoucher à la maison. Ce n’était pas du tout dans mes projets, je pensais que c’était un truc d’ hippie. Puis d’ailleurs, un matin, mon mari m’a rappelé qu’en fait je suis un peu hippie, je lui réponds par : « ok », très bien alors on va continuer comme ça. Et je lui ai dit à ce moment-là : « écoute, premièrement, ce n’est pas toi qui vas me dire ce que je fais ou ce que je ne fais pas, c’est moi qui accouche ». Donc je lui ai annoncé la couleur directement, et à ce moment-là,  peut-être que justement, lui en me disant qu’il ne voulait pas que j’accouche à la maison, il a planté une graine quelque part. Je me suis dit que peut-être que c’est peut-être possible quand même. Et ce qui s’est passé en fait, c’est que la maison de naissance – il y en a une seule à Brisbane-, et moi je ne suis pas citoyenne en Australie.  Je n’ai pas eu accès à la maison de naissance à cause de mon visa. Il a fallu que je postule pour une résidence permanente pour pouvoir avoir une carte de sécurité sociale australienne, et le temps que cela se fasse : c’était trop tard et j’ai été mise sur la liste d’attente et pas de promesse d’être acceptée en maison de naissance au moment où je vais devoir accoucher. Donc c’est à ce moment-là, j’étais déjà en contact avec Michelle Palasia, une doula, et c’est elle qui m’a dit : « mais tu as considéré une naissance à la maison peut-être ? », mais juste gentiment, juste en passant : « est-ce que tu y as pensé ? » Et puis du coup, c’est là que je lui ai dit : mon mari il est quand même peu stressé de ça… ça l’angoissait, ça lui faisait peur. Sauf que moi, c’était l’hôpital qui me faisait peur. Donc quand le projet de naître à la maison de naissance est tombé à l’eau, on était en liste d’attente, on attendait un coup de fil pour dire : « vous avez une place ou vous n’avez pas une place ». Néanmoins, je ne comptais pas dessus. Je m’étais dit : « bien on n’a pas le choix, on va à l’hôpital », et je commençais à dire : « j’espère qu’elle va arriver vite et que je n’ai pas le temps d’y aller ». Dans ma tête, j’étais en train de dire : « alors si, si je tiens le coup à la maison et que ça se passe bien, on n’y va pas ». Vraiment le danger ce n’était pas accoucher pour moi, c’était l’hôpital. Donc c’est comme ça que j’ai décidé de voir si j’arrivais à trouver une sage-femme. Le problème c’est que, à partir de ce moment-là le Covid a commencé à s’installer, et que les sages-femmes commençaient à être de plus en plus prises parce que les gens se sont dits, avec le Covid, il y a eu de plus en plus d’accouchements à la maison, de gens qui considéraient l’accouchement à la maison. Mais je suis passée juste avant la reconnaissance d’accouchement à la maison en Australie et dans les cercles que je côtoie sur les réseaux sociaux, il y a une sage-femme qui a posté sur Instagram disant : « on a des disponibilités vraiment restreintes, mais il nous reste une place pour juin », et moi j’ai lu ça et j’ai dit : « alors, si ça, ce n’est pas un signe ». Je vais l’appeler. Je l’ai vue la semaine qui a suivi et je l’ai booké pour mon accouchement. Elle est venue à la maison, elle a discuté avec nous. Elle nous a expliqué comment elle fonctionnait, ses valeurs. Matt a pu poser ses questions. Et quand elle est partie, je l’ai regardé, je lui ai dit : « qu’est-ce que tu en penses ? » Il m’a fait : « pas de problème, c’est bon. Je me sens à l’aise. On fait comme ça.» Donc c’est comme ça qu’on a commencé à planifier notre petit accouchement à la maison et j’étais enceinte de 30 semaines déjà.

Johanna : Oui, c’était déjà…

Fanny : Oui. J’étais enceinte de 30 semaines et jusque-là j’avais fait un suivi, et je n’étais pas du tout allée à l’hôpital pour faire le suivi. En Australie, on avait le choix de faire, un suivi sage-femme, médecin généraliste, je ne sais pas si ça se fait en France. Et donc moi, j’avais fait mes visites au médecin généraliste qui me faisait les trucs normaux : palper un peu le ventre, vérifier la tension, me donner des ordonnances pour aller faire les prises de sang quand ils veulent le faire. Je suis allée voir mon médecin généraliste, en lui disant : «  bon alors, on ne va plus à l’hôpital, on va faire un accouchement à la maison. » Il a sorti une tête de trois pieds de long et je fais : « bon, alors, ce n’est pas ici que je vais avoir du support. On ne reviendra plus », et j’y suis plus retournée.

Johanna : Et tu as arrêté ton suivi médical, à ce moment-là ?

Fanny : J’ai continué de voir ma sage-femme. Donc au niveau médical, j’ai fait des prises de sang pour contrôler mon niveau de fer parce que j’ai le fer qui était un peu bas, donc on a surveillé ça. Le diabète gestationnel, je n’ai pas fait le test long où il faut voir le glucose, je n’ai pas du tout fait ça. Elle m’a expliqué les options, elle m’a dit qu’on pouvait faire une prise de sang le matin à jeun et que ça nous donnerait une donnée ; et qu’à partir de là, si ce n’est pas dans la norme, on peut faire un test à la maison où je peux vérifier mon sucre moi-même comme les diabétiques : tu te piques les doigts et tu mesures. Elle m’a présenté la recherche, elle m’a orienté sur des lectures et  j’ai pris ma décision, je lui ai dit : « on va faire un test à jeun ». Moi je ne fais pas ces trucs-là. Je n’ai pas envie. J’ai fait ça, le résultat est revenu normal, donc je n’ai rien fait d’autre. Et vu que ma grossesse était normale sans complication : je n’ai pas fait d’échographie au troisième trimestre, non plus ; juste des examens à la palpation, et tout allait bien, normalement, vraiment aucun souci.

 Et la sage-femme qui s’est occupée de moi, est vraiment accès en naissance physiologique, c’est son truc. Elle me disait que la grande majorité des naissances dont elle s’occupe, elle est assise dans un coin à attendre que ça se passe. Donc, elle ne fait pas d’examen vaginal, elle attend. Elle a son doppler, elle a son petit doppler : elle vérifie le cœur régulièrement, et puis c’est tout. Si tout se passe normalement, si tout se passe bien, elle n’intervient pas du tout en fait. Et du coup, moi c’était exactement ce que je voulais, je suis vraiment tombée sur une sage-femme, sans chercher en plus, qui avait des valeurs qui correspondaient exactement à ce que je voulais.

Donc, voilà ! Ça c’est comment j’en suis arrivée à faire un accouchement à la maison. J’ai eu ma doula, en plus, que je voyais régulièrement pendant ma grossesse, qui m’a vraiment accompagnée dans le cheminement, une maison de naissance, à l’hôpital, la naissance à la maison. Elle nous a vraiment accompagnés, en fait, parce que les conversations quand on a fait la transition de « hôpital à accouchement à la maison », il y a eu des grosses tensions avec mon mari. Et vraiment elle, elle nous a aidés à en discuter, à faire notre chemin tout en douceur, sans jamais imposer ses opinions puisque je suis sûre qu’elle en a des opinions. Mais vraiment elle ne nous a jamais laissé transparaitre quoi que ce soit, vraiment tout en douceur, à l’accompagnement  etc. Après pour la petite histoire, moi, j’ai perdu ma maman six mois avant de tomber enceinte. On savait qu’on allait avoir un enfant. Souvent elle me disait : « moi je vais en Australie». Elle allait être là pour l’accouchement. Elle avait pour projet de rester pendant quelques mois pour nous aider et tout ça, j’étais très très proche d’elle. Et vraiment, elle est décédée fin avril et je suis tombée enceinte début septembre. Et vraiment Michelle, elle a été cette présence maternelle dans ma grossesse et dans mon accouchement. Et même après, même si elle n’a pas été  aussi présente que ma mère l’aurait été, puisque bien sûr, elle ne peut pas être là 24h/24 – c’est dommage d’ailleurs – vraiment ça été génial de l’avoir à mes côtés pendant tout ce temps et pendant l’accouchement aussi. Je lui ai broyé la main comme celle de mon mari, celle qui m’a nettoyé les jambes après. Vraiment, je recommande à tout le monde de prendre une doula ou une birthkeeper, comme on les appelle aussi. Ce n’est pas exactement la même chose, ça dépend des besoins et du ressenti aussi. C’est plus un ressenti avec une personne qu’un titre en fait. C’est vraiment quelqu’un qui accompagne.

Johanna : C’est peut-être plus courant en Australie qu’en France d’avoir une doula, mais je ne pense pas non plus que ce soit la norme.

Fanny : Je ne pense pas du tout. En fait, moi je ne savais pas ce que c’était une doula six mois avant de tomber enceinte. Les gens autour de moi ne savent pas ce que c’est une doula non plus. Après moi, maintenant grâce aux réseaux sociaux, je me suis créé une bulle où vraiment : les doulas c’est normal, l’accouchement à la maison c’est normal. Vraiment ça me donne un peu une image distordue de la réalité des naissances parce que dans ma bulle des réseaux sociaux pour moi : un accouchement à la maison c’est normal, avoir une doula c’est normal.

Johanna : Comment tu avais découvert les doulas ? Comment tu as découvert Michelle ?  

Fanny : Moi, je suivais un compte instagram, le compte de January Archer, qui justement est aux Etats-Unis, qui « se bat » pour que les femmes aient le choix d’avoir leur enfant comme elle le désire, comme elles le veulent.  Je ne sais pas, j’ai dû trouver son compte par hasard quand je commençais à m’intéresser à la grossesse, à l’accouchement du coup. Et de fil en aiguille, elle a fait une conférence à Brisbane et j’ai décidé d’y aller. Et c’est là, que j’ai découvert tout un nouveau monde que les doulas ça existait, que les hypnobirthing ça existait donc j’ai fait ma préparation à la naissance. Je n’ai pas fait du tout une préparation à la naissance à l’hôpital ou quoi que ce soit. J’ai fait une préparation de naissance en hypnobirthing où vraiment il n’essayait pas de te faire peur, parce que moi le feed-back que j’ai eu des gens qui ont fait la préparation à la naissance à l’hôpital, c’est que tu sors de là : tu as peur de l’accouchement, tu as peur de mourir, tu as peur que ton bébé il meurt ; et puis à partir de là, ils te font faire ce qu’ils veulent puisque tu as peur.

Johanna : Même quand tu as vu Baby Boom l’émission ?

Fanny : Oui, j’adorais cette émission en plus. Tu imagines bien les idées préconçues que j’avais puisque moi c’était le normal Baby Boom. J’adorais cette émission, je l’ai toujours regardée. Je pense que si je la regarde maintenant, je fais une crise cardiaque. C’est choquant maintenant pour moi de voir toutes ces interventions, et des fois comment les mères sont traitées aussi, la pression qu’on leur met.

Johanna : La figure de sauveur des équipes. Ce sont les professionnels, les héros et pas les mères.

Fanny : Voilà c’est ça, oui. Et je me souviens d’ailleurs, j’étais encore enceinte,  j’ai vu un autre docteur, le docteur de mon mari. J’étais là avec lui puisque je me suis dit : « mon docteur, il ne me convient pas. Je ne vais pas emmener mon bébé là-bas puisqu’ il m’a regardé de travers quand je lui ai dit que je voulais accoucher à la maison ». Ça ne m’a pas plu, je me suis dit : «  bon, je vais aller voir un autre ». Ce que j’ai appris au fur et à mesure du temps, justement si un médecin ne nous convient pas, il faut changer. Si on n’est pas coincé, on a le choix. Et ça, c’était tout nouveau pour moi, j’ai découvert ça récemment puisqu’il faut être son propre avocat, on dit ça en français aussi ? Et le médecin, elle a dit : « oui moi, j’ai accouché des bébés, il y a quelques années de ça ». « Toi tu as accouché ? D’accord ! Donc non, ce n’est pas toi qui les accouches les bébés, c’est les mères. Donc toi, c’est non aussi. Alors on s’en va, on va trouver un autre docteur ». Le vocabulaire, vraiment, mais c’est là que tout a commencé, je voyais tout en fait. Dès que j’entendais quelqu’un raconter son accouchement, je voyais comment ils avaient été manipulés, comment on leur avait fait peur ; et ma vision de la naissance, elle a changé complètement depuis avant jusqu’à l’accouchement. Mais je suis très contente d’avoir commencé à me renseigner avant de tomber enceinte, parce que c’est vrai que si on commence à se pencher sur la question après être tombé enceinte, et bien c’est vite fait d’écouter les professionnels de la santé, on est censé leurs faire confiance, on m’a toujours dit qu’ils savaient mieux que moi. De toute façon, ils ont fait des études, ils savent mieux, donc, il faut faire ce qu’ils disent. 

Johanna : Oui, c’est ça le grand shift…

Fanny : Mais voilà. D’ailleurs, c’est marrant, parce qu’on s’est vu avec ma doula, j’étais enceinte, j’ai commencé à la voir j’étais à peu près enceinte de 13 semaines, et j’ai l’impression que je suis en colère, je me rebelle contre le système, vraiment elle était toute contente. Ça lui a fait plaisir. Mais j’avais vraiment ce sentiment de rébellion pendant que j’étais enceinte, de me dire : « non ! Moi je ne vais pas faire ce qu’on me dit. Je fais ce qu’on me dit depuis 32 ans, là ça suffit, c’est bon. Vous n’allez pas me prendre mon accouchement, c’est moi qui décide », vraiment « empowered»

Johanna : Oui c’est ça. C’était ton chemin de réappropriation.

Fanny : C’est ça, oui complètement. Je me suis réappropriée tout, mon corps, mon esprit, ma volonté. Et même si maintenant, je n’ai pas l’impression que ça m’a beaucoup changée ; mon mari il me le dit : « tu as changé quand même, tu ne te rends pas compte, mais vraiment il y a quelque chose qui s’est passé en toi et tu n’es plus la même personne. Tu as plus la niaque maintenant. »

Johanna : Oui, en devenant mère… je pense que ça nous change c’est sûr, ça nous transforme de toute façon toutes, et encore plus différemment si tu fais ce chemin de réappropriation de ton autorité, de ta souveraineté.

Fanny : Oui, c’est ça.

Johanna : Raconte-nous cet enfantement.

Fanny : Alors l’accouchement, ma sage-femme m’avait dit que, vu que c’était mon premier bébé, il ne fallait pas que je m’attende que le bébé arrive à 40 semaines de gestation. Donc  je suis arrivée à 40 semaines de gestation, je me suis dit : « de toute façon, on m’a dit que…»

Johanna : Tu t’attendais à ce que ça dure plus.

Fanny : J’étais préparée à ce que ça dure plus déjà sauf que je suis arrivée à 41 semaines, ça commençait à faire un petit peu long là, j’avais vraiment marre. Les émotions c’était des hauts et des bas, je pleurais toutes les larmes de mon corps et puis après j’étais contente.  Enfin, c’était la semaine la plus longue de ma vie, je crois, parce que j’étais vraiment excitée d’avoir mon petit bébé et elle s’est fait attendre pendant 11 jours après la date qui m’était  donnée.

Johanna : attends, en plus la date en Australie c’est aussi 40 semaines ?

Fanny : Oui.

Johanna : C’est sept jours avant la France déjà donc au fait au final…

Fanny : En France, c’est 39 ?

Johanna : C’est 41 en France.

Fanny : 41 en France ?

Johanna : Oui.

Fanny : D’accord. Non, ici c’est 40. En hôpital, ils te laissent à aller jusqu’à 42, mais en général, non.  A partir de 40 semaines, ils commencent à…

Johanna : Oui, la date de péremption.

Fanny : A insister pour faire une induction. D’ailleurs, j’avais prévu mon accouchement à la maison tout ça, mais l’hôpital sait qu’on existe, et qu’on est enceinte. On est enregistré à l’hôpital quand même au cas où il y a un transfert, qu’ils aient quand même nos détails médicaux. Donc, c’est comme ça que ça se passe, on n’est pas obligé, mais moi c’est ce que j’ai fait et  en leur disant : « oui, mais je ne vais pas venir accoucher là de toute façon, je fais un accouchement à la maison » et à 40 semaines ils m’ont appelé. A 40 semaines et cinq jours, j’ai eu un coup de fil de l’hôpital en me disant : « Bon, alors il est né ce bébé ? », je lui ai dit : « non », et « bien alors, il est en retard ! » et je dis : «  non, il n’est pas en retard. Laissez-moi tranquille. Au revoir ». Ma sage-femme, à partir de 40 semaines, on se voyait une fois par semaine. Elle m’a vue à 41 semaines, pareil, tout va bien alors on attend. Juste pour la petite histoire dans leurs statistiques de cette année, la plus longue gestation c’était 43 semaines et un jour, et ils ont attendu.

Johanna : Moi je dis : oui ! Si on parlait de Free Birth Society, Yolande Norris-Clark à plus de 44 semaines alors, ça va paraître fou de dire ça à l’antenne. Mais c’est juste qu’on a tellement normalisé des dates qu’on n’a plus aucune idée qu’elle est le range du normal, qu’elle est l’étendue possible.

Fanny : C’est ça !

Johanna : On a pathologisé les durées de grossesse. Ça n’a aucun…

Fanny : alors que si on laisse les choses se faire, il va sortir le bébé. Il ne va pas rester là indéfiniment. Voilà !

Johanna : Normalement, il n’y a aucune raison de déclencher une naissance si tout va bien. Mais, en fait, on ne contrôle pas ; on décide que la date c’est la date. Bref. Ça paraît tellement décalé par rapport à l’unicité de chacun, physiologiquement.

Fanny : Oui, c’est ça. Donc, voilà !

Johanna : Donc, le temps passe, tu es très émue.

Fanny : Le temps passe. On s’en fout des dates. Mais 40 semaines plus onze jours, on va se coucher un samedi après avoir passé la journée chez mes beaux-parents qui n’habitent pas très loin. Tous les jours, on allait marcher puisque Matt a pris un congé de paternité, il avait une semaine après « ma date » puisque j’ai dit : « non, ne prends pas à partir de la date. On va perdre du temps, là ». Et du coup, il était quand même avec moi pendant une semaine avant que j’accouche. Mais au final, c’était sympa puisque moi j’étais en fin de grossesse, j’en avais marre. Il s’occupait de moi et puis tous les jours on allait marcher tous les deux tranquillement. On faisait notre petit tour, on allait promener. Vraiment en fait, ça nous a permis de nous retrouver, que tous les deux pendant une semaine avant que le bébé arrive. Donc, ça c’est très bien goupillé, c’était sympa. Et du coup, le samedi on va chez mes beaux-parents, on passe la journée là. Le jour d’avant avait été très difficile, j’avais beaucoup pleuré, j’étais très émotionnelle, j’avais vraiment envie qu’elle s’en aille. Voilà ! Je commençais à être pas très confortable. J’ai eu une grossesse qui était très facile à part la fatigue et la nausée au premier trimestre. Vraiment, ça s’est passé très bien. Et sur la fin, j’avais mal partout.  40 semaines là, ça commençait à …

Johanna : Il y en a qui sont très inconfortables avant.

Fanny : Mais moi, je n’étais pas habituée. Vraiment là !

Johanna : C’est long la fin ?

Fanny : C’était long, très long ! On rentre à la maison, et puis j’avais eu des petites contractions. A partir de 40 semaines, des petites contractions, me disant : « Ah ! Il se passe quelque  chose ! » Bien, non en fait ! Ça s’arrête et puis la vie continue etc. Quand ça a commencé, j’ai su que ça allait commencer après quand ça s’est intensifié, mais au début, j’ai dit : « Ah ! Bof ! Ça va faire comme la dernière fois, ça va s’arrêter » sauf que ça ne s’était pas arrêté. On allait se coucher tranquillement et puis à 23 heures, j’étais couchée dans le lit puis je me suis réveillée et je me suis dit : « Ah ! Il se passe quelque chose là ! ». Je regardais l’heure, j’avais une application sur mon téléphone.  J’ai commencé à mesurer et puis : « Ah ! D’accord! Ça a l’air régulier, mais bon » ça ne faisait pas plus mal que ça, ça allait. Donc je suis restée couchée tranquillement pendant une heure. J’ai appelé ma sage-femme et je lui dis : « écoute, j’ai des contractions ! » Et elle a entendu au téléphone que je n’étais pas en train de hurler encore. Bref, que je supportais bien. Les sages-femmes comme ça par expérience, elles savent au ton de ta voix comment tu arrives à leur parler ou tu en es.

Johanna : Ou bien si tu arrives à leur parler tout court.  

Fanny : Si tu arrives à leur parler tout court c’est que ça va.  Elle avait dit : « écoute, je note, mais rappelle-moi quand tu veux que je vienne. » J’ai dit : « Ok ! » L’inconnu, le premier enfant, complètement inconnu, quand je veux qu’elle vienne ? Je ne sais pas. Ça a commencé à s’intensifier un tout petit peu. J’ai attendu une heure de plus vers une heure du matin ou quelque chose comme ça, je suis allée, là ça commence quand-même, ça fait mal quand même. Je me lève, je réveille Matt, j’ai dit : « là, à mon avis c’est parti ». Du coup, je suis allée dans la douche, j’ai pris une douche chaude. Je suis restée sous la douche un petit moment. Puis je suis sortie de la douche, j’ai traîné mon ballon dans la salle de bains et puis je m’asseyais dessus, je bougeais, je m’appuyais sur le plan de travail.

Ça commençait à devenir intense. Du coup, j’ai appelé ma doula et j’ai dit : « Bon Michelle, on est bon là. Tu peux venir ! » Parce que je sais qu’elle habite à 45 minutes de route, en plein milieu de la nuit donc elle m’a dit : « Bien, très bien ! J’arrive ! Je me prépare, je m’habille. Je saute dans la voiture, j’arrive. » Puis, je n’avais pas rappelé la sage-femme encore, j’attends. J’attends encore. Je commence à rugir un peu, c’étaient des rugissements, je dirai. Je dis : « Là, c’est bon ! » J’envoie un texto à la sage-femme parce qu’elle m’a dit : «  juste envoie-moi un texto » du coup j’envoie un texto à ma sage-femme. Je ne sais pas si elle m’a répondu. J’imagine qu’elle l’a lu puisqu’elle est venue. Mais à partir de là, j’étais en travail actif, je ne sais pas si on dit ça en français ?

Johanna : Oui, mais c’est des mots qui ne paraissent pas très…

Fanny : Active labor

Johanna : Tu étais dans les processus, dans les sensations.

Fanny : voilà, c’est ça. Bon à partir de là, la notion du temps… Je sais à peu près parce que j’ai demandé des notes à ma sage-femme après pour savoir comment ça s’est passé et tout ça. Du coup, moi pendant que j’étais allée sous la douche et que j’étais dans la salle de bains, Matt il a gonflé –on avait la piscine qui était prête-, tout était prêt. Matt il a mis les petites lumières, il gonfle la piscine, commence à la remplir. Moi je fais ma vie, il vient me voir de temps en temps. Il m’amène à boire. Il me demande de quoi j’ai besoin. Il retourne voir la piscine. Ça se passe. Ma douleur arrive.

Voilà, je suis déjà dans la zone. Quand elle arrive, je me souviens qu’elle est arrivée. Elle vient me chercher, j’étais salle de bain, douche, toilette. J’étais vraiment dans mon petit coin de la maison. Et ma doula, elle vient me voir de temps en temps, elle me tient la main et elle me dit « la piscine, elle est prête si tu veux ». « Oui, ça m’intéresse ! » Je me déplace jusqu’à la piscine et ça commençait à devenir vachement intense et puis j’ai quelques photos et je me souviens, j’étais sur l’espèce de tapis de gym qu’on avait mis par terre à côté de la piscine avec Matt derrière moi et je m’appuyais sur lui pendant les contractions alors vraiment, c’était difficile, c’est vraiment intense et difficile à gérer et je rentre dans la piscine et là j’avais l’impression, le soulagement instantané, j’avais l’impression de revivre. Vraiment, ça m’a enlevée la pression de partout et les contractions, elles ont continué à venir bien sûr, mais c’était tellement plus facile à gérer. Et à priori selon les notes, je suis rentrée dans la piscine vers trois et demi, quatre h du matin et j’y suis restée pendant un moment, les contractions qui devenaient de plus en plus intenses bien sûr et c’est marrant, j’ai l’impression que la manière dont je gérais la douleur, c’est que la douleur augmentait jusqu’à un point où je me suis dit : Là je n’en peux plus, ce n’est pas possible, je ne peux pas gérer plus douloureux que ça et puis il y a quelque chose qui se passe dans ton cerveau qui clique et puis c’était plus douloureux, mais ta tolérance en fait, elle augmente avec et j’ai continué comme ça, vraiment je ne me souviens de rien, je me souviens juste ma doula qui me met une paille dans la bouche donc je bois entre-temps, j’avais une serviette froide sur la figure, je me souviens me tenir des mains et puis changer de position, du coup j’étais sur le ventre avec mes bras sur le côté de la piscine, avec ma tête posée sur mes mains après, j’étais assise dans la piscine avec  le dos sur le bord, même sur le côté des fois. Vraiment, mon corps, dans la position où j’étais mieux et puis quand une position ne me convenait pas je tournais jusqu’à ce que ce soit plus confortable

 Et à un moment donné, j’ai senti un « pop » et c’était la poche des eaux qui s’était rompue toute seule dans l’eau.  J’ai senti ça, je le dis à ma sage-femme. Donc voilà, je n’ai aucune notion du temps, mais tu sais qu’il s’est passé ça à peu près et quand la poche des eaux s’est rompue, elle a dit  « bon, ça va devenir plus intense à partir de maintenant », alors j’ai dit « plus intense que ça ? » je ne suis pas prête et là, effectivement c’est devenu plus intense et je ne suis pas prête hein,  sais pas combien de temps ça va durer, je pourrais retrouver, mais la notion du temps, je ne l’avais pas et là vraiment, j’ai eu des douleurs qui étaient vraiment dans le dos après. Et ça, c’était encore une différence, c’était vraiment désagréable, mais à chaque fois je respirais,  j’avais fait  de l’hypnobirthing aussi en réparation donc j’utilisais ces techniques-là et principalement les techniques de respiration qu’ils nous apprennent et du coup ça m’a vraiment aidé, vraiment respirer quand tu es au pic de la contraction en me disant : Je peux faire ça pendant une seconde, tout va bien et la contraction redescend et on a survécu, on fait ça une fois, deux fois et puis on ne va pas dire que c’est sans douleur, c’est extrêmement douloureux, mais c’est gérable. Et puis voilà, j’en suis arrivée au point, je me souviens encore clairement, où je me suis entendue dire : je ne peux pas pouvoir faire ça pendant plus longtemps et j’ai commencé à dire : Je comprends pourquoi les femmes veulent la péridurale sans la réclamer, mais vraiment, en me reconnaissant que : oui d’accord, ce n’est pas de la rigolade ce truc quand même et à priori, quand même c’est le signe…

Johanna : La transition.

Fanny : La transition et là, la sage-femme qui était toujours à  côté. Je voyais des fois au sommet de la contraction, je me débattais un peu, je résistais, mais du coup la sage-femme, elle me disait de respirer, elle me disait de me laisser aller et rien que d’entendre sa voix qui me disait ça, ça m’a beaucoup aidée à me recentrer au lieu de m’éparpiller aux contractions où j’avais l’impression d’être un poisson en dehors de l’eau qui frétille dans tous les sens. Vraiment, je me sentais en détresse, mais vraiment, elle m’a aidée à me recentrer et du coup ça allait et à un moment donné, les contractions continuaient de venir sauf que quand j’étais au sommet, mon corps s’est mis à pousser tout seul, mon corps savait que c’était le moment de pousser et j’ai poussé.

Ce qui s’est passé c’est que j’ai poussé pendant presque deux heures et ça n’avançait pas plus que ça, on ne voyait pas la tête qui sort à un moment donné, ma sage-femme qui ne m’a toujours pas touchée, pas d’examen vaginal rien du tout, elle a vérifié le cœur et ma tension aussi, elle vérifiait mon pouls et le cœur du bébé, c’est tout ce qu’elle a fait pendant tout le travail. Et elle me dit : Mets ta main, va sentir ce qui se passe en bas. Je mets ma main, j’ai vraiment l’impression de ne rien sentir,  j’ai dit : Je ne sens pas, je ne sens rien et puis, on continue, elle vérifie le cœur comme toujours, pas de problème, tout à fait normal et au bout d’un moment, je pousse et je sens qu’il y a quelque chose qui se passe quand même et là, même pas une minute après, je pousse et il y a vraiment quelque chose qui sort et la sage-femme elle me dit gentiment : Fanny, le bébé est en siège, il n’y a pas de problème, mais juste le bébé est en siège. Et en fait, du coup j’avais poussé, des fesses et une jambe qui étaient tombées du coup, je me suis retrouvée avec une jambe qui était sortie, et le haut des fesses et à ce moment-là, j’ai senti que l’eau elle met des pinces, elle faisait flotter le bébé et ça appuyait sur mon périnée ce n’était pas agréable. À ce moment-là, je commence à me lever pour sortir de la piscine, juste à ce moment-là, ma sage-femme me dit : Il faudrait que tu sortes de la piscine, mais vraiment c’était synchro, je suis sortie, je me suis mise à quatre pattes sur le tapis de gym qui était à côté de la piscine.

Donc, elle m’a dit que le bébé était en siège et elle était née cinq minutes après, la poussée d’après l’autre pied est sorti, la poussée d’après l’autre bras est sorti, la poussée d’après elle a aidé l’autre main à sortir parce qu’elle me l’a dit après, moi je n’en savais rien –j’étais dans la zone- que le bébé avait commencé à avoir une couleur pas super, le bébé devenait un peu pâle et après avoir aidé la main à sortir, il se trouve que la tête n’était pas en position optimale pour sortir un bébé en siège, il faut que le menton soit collé au torse pour que ça puisse passer dans le canal et elle avait le menton relevé, sur l’image quand même du coup, ce qu’elle a fait, ce qu’elle m’a dit : appuyez sur les épaules pour faire bouger la tête, que le menton soit collé au torse et le bébé est sorti.

Donc voilà, elle n’a pas pleuré tout de suite, elle était sous le choc en fait, compréhensible, nous aussi on était sous le choc, mais elle est sortie, elle me l’a mis entre les jambes, je me suis relevé, elle l’a attrapée, elle l’a frottée un peu, de suite alors elle a pris des couleurs, elle a commencé à réagir, à bouger et moi à priori , instinctivement j’ai  soufflé dans le nez et la bouche une fois et à partir de là, c’est bon, elle a commencé à pleurer, elle était contente. Et ça vraiment, on en a parlé à la sage-femme mais c’est vraiment le côté : j’étais intuition à 100%.

Johanna : L’instinct.

Fanny : Je n’ai pas fait le choix conscient de lui donner une respiration, on m’a mis ce bébé dans les bras et j’ai fait ça, j’ai même une photo d’ailleurs. Et voilà, elle était là et tout allait bien.

Donc, pour la petite histoire encore, je ne sais pas si c’est de la chance ou c’est de l’intuition, j’aime bien me dire que c’est de l’intuition, que les choses se sont alignées en ma faveur, mais la sage-femme qui était avec moi, elle se passionne pour les naissances en siège, elle n’a pas paniqué du tout et ça s’est trouvé que j’aurais eu une autre sage-femme, elle aurait appelé une ambulance, je pense que j’aurais été transférée parce que ce n’est pas considéré dans le domaine de compétence. Les sages-femmes en Australie, elles n’ont pas le droit.

Johanna : Elles n’ont pas le droit comme en France mais peut-être qu’une fois que le  pied est  sorti quand même…

Fanny : Non, si tu le sais à l’avance, tu ne peux pas, mais si c’est une surprise, c’est bon et après je pense qu’en discutant que d’autres sages-femmes auraient peut-être paniqué parce que ce n’est pas commun de faire ça.

Johanna : Oui, il suffit d’un pic de stress pour que tout après soit chamboulé.

Fanny : S’il avait été diagnostiqués «  à l’avance »…

Johanna : Oui, oui tu as eu la chance.

Fanny : Il ne tente même pas les accouchements par voie basse quand le bébé  est en siège…

Johanna : Tu as eu de la chance de ne pas savoir.

Fanny : Voilà c’est ça, j’ai eu la chance de ne pas savoir et j’ai de la chance que…

Johanna : de tomber sur quelqu’un.

Fanny : Ma sage-femme, c’était celle qui était formée en plus, vraiment tout s’est passé merveilleusement bien. Je suis sortie de cet accouchement, je  me sentais une déesse de la fertilité, le pouvoir, je me sentais être la femme la plus forte du monde, c’était fort, c’était sauvage, Wild en anglais, mais c’était vraiment un retour aux racines, je n’ai pas le mot en Français, vraiment c’est marrant parce que j’ai une vergeture juste au-dessus du nombril et ça a craqué en X en fait, c’est ma petite cicatrice de Xena la Guerrière. Ça me fait plaisir, ça me rappelle le pouvoir de mon corps et de quoi j’étais capable parce que j’ai vraiment l’impression qu’il n’y avait que moi qui y croyais, pas que moi, mais moi, mon mari et ma doula, ma sage-femme après, les autres ils croyaient que j’étais folle. Lorsque j’avais annoncé que j’allais accoucher à la maison, qu’on planifiait un accouchement à la maison et les potes disaient toujours : alors tu as fait ton sac pour l’hôpital, ils avaient occulté le fait que je n’y vais pas à l’hôpital et puis n’ai pas fait de sac d’ailleurs, je ne voulais pas tenter le destin, je n’y croyais pas particulièrement, mais je ne voulais pas. Si je vais à l’hôpital, on me dira de rentrer à la maison je n’ai pas besoin de faire mon sac.

Johanna : Oui, pas besoin de préparer. C’est bien.

Fanny : Mais bon, voilà. Et après l’accouchement, ils m’ont aidée à me déplacer, du petit matelas de gym par terre et j’avais installé, j’ai fait un petit nid dans mon salon, j’avais mis un matelas par terre à côté du canapé où je fais mon petit cocon, je me suis installée là et ce n’était pas très confortable parce que le cordon était un peu court en fait du coup je n’ai pas réussi à la remonter pour essayer de la faire téter, ce n’était pas super confortable, mais je me suis allongée tranquille, j’ai attendu que le placenta fasse son truc de manière physiologique, on était parti sur çà et là vraiment je ne m’y attendais pas à accoucher, mais bon, ça y est c’est fini en fait, ce n’était pas fini, j’ai été déçue que ça continue , j’ai eu des contractions et c’était encore douloureux pour faire sortir le placenta. Et ce qui s’est passé c’est que j’ai fait une hémorragie donc on a attendu une heure et puis au moment où on pensait que le placenta est sorti, j’ai sorti  un énorme caillot de sang. Et bon, la sage-femme a estimé, on a été à un peu près à un litre de sang en moins donc ce n’est pas négligeable. Donc à ce moment-là, elle m’a dit : écoute, là tout de suite c’est quand même un gros caillot que tu as sorti, il n’y a plus de sang qui va au bébé, le cordon a arrêté de battre, il est tout blanc, il n’y a plus de problème donc, si je te fais une injection maintenant, ça ne va pas aller dans le bébé. Elle m’a expliqué le plus rapidement possible parce que quelque part il y avait un petit peu l’urgence quand même, mais elle a pris le temps de me dire pourquoi elle le voulait faire, elle m’a fait une injection de syntocinon pour aider le placenta à sortir elle a utilisé un peu de traction aussi et pour la petite histoire, mon placenta finalement est sorti, mais j’avais un placenta bilobé. Pas commun du tout, d’ailleurs ma sage-femme était très intéressée, elle a passé un moment à regarder donc sa théorie elle pense justement que les placentas bilobes, ils ne se décollent pas de manière en un bloc, ce qu’il s’est passé c’est que ça a dû décoller et le sang commençait à coaguler derrière et ça a participé à l’hémorragie. Cela dit, voilà une fois que le placenta était sorti, l’hémorragie s’est arrêtée d’elle-même et il n’y a pas eu besoin de transférer. Elle m’a demandée quand même si je voulais aller à l’hôpital, comment je me sentais et tout ça et clairement, je n’avais pas eu envie d’y aller donc je ne saignais pas, elle est restée avec moi pendant plusieurs heures après, elle est née vers 10h30, et à  15h30 elle était encore là. Elle essayait de m’aider à me lever pour aller aux toilettes parce que c’est le signe que ça va et je n’arrivais pas à me lever, j’avais des vertiges et tout ça donc, on a fait pareil, on a discuté des options, de ce qu’on pouvait faire, il y avait l’option d’aller à l’hôpital, il y avait l’option de me mettre une sonde urinaire et de rester à la maison. Et c’est ce qu’elle a fait, elle m’a posé une sonde mais voilà, je ne regarde pas le sujet et elle est revenue le lendemain, elle a rodé et puis j’ai continué à faire mon postpartum à la maison, je ne sais pas ce que c’est de ne pas le faire à la maison donc, je ne sais pas comment ça aurait été à l’hôpital et vraiment j’étais dans mon petit cocon, j’avais mes affaires, j’avais mes petits trucs à préparer, j’avais la famille qui m’amenait à manger, ma doula qui venait me voir, Math aidait quand j’ avais besoin, mon bébé sur moi dans mon cocon c’était vraiment bien et je ne m’imagine pas autrement, ce sera à refaire même si j’ai fait une hémorragie quand-même et que ça a compliqué un  peu les choses par rapport à la recompte plus tard, je n’aurais pas fait les choses différemment après, si c’était à refaire, je reprendrais les mêmes décisions avec les mêmes personnes.

Johanna : Et donc après, tu aimerais reprendre ce chemin, peut-être le désir d’accompagner d’autres femmes dans ce parcours ?

Fanny : Oui. Moi, j’avais déjà commencé à penser à ça, avant ma grossesse. Suite à cette conférence d’ailleurs dont je vous parlais au début, consulté que doula le concept, je trouvais ça vraiment intéressant d’accompagner des femmes, je suis vraiment dans cette idée de la communauté, des femmes qui s’entraident. Le concept me plait beaucoup, les valeurs sont alignées avec moi et j’ai commencé à penser à ça, j’ai fait une formation et après voilà, je suis terrifiée à l’idée de me lancer et je pense que je ne suis pas prête, je suis encore dans la bulle, elle n’a pas encore sept mois, j’ai encore beaucoup à apprendre alors je ne peux pas, mais c’est vraiment un mûrissement cette idée-là après, moi ce dont j’ai manqué c’est de préparer mon postpartum parce que je m’étais dit : Je ne pensais pas que ça serait si difficile. Et concrètement, si l’allaitement n’avait pas été si difficile, ça se serait super bien passé parce que j’ai été soutenue, que j’avais ma douleur qui venait une à deux fois par semaine. La mère du Matt, elle est venue, elle nous faisait à manger, et cetera, voilà on a vécu un petit cocon sur mon petit matelas dans le salon, dans  notre petite bulle pendant quelques semaines et puis petit à petit après on se déplace, on est  retourné dormir dans notre chambre et puis voilà, la vie a repris son cours, jamais comme avant bien sûr, mais les choses évoluent au fur et à mesure qu’elle grandit.

Johanna : Alors, j’espère suive ton chemin aussi comme doula, quel que soit le chemin que tu prendras.

Fanny : Merci beaucoup.

Johanna : Merci Fanny.

 

J’espère que cet épisode vous a plu, n’hésitez pas à noter et à partager le podcast pour m’aider à le faire connaître.

Et si tu souhaites témoigner d’un enfantement libre, d’un parcours d’autonomie sur ton chemin de maternité, n’hésite pas à me contacter,un lien se trouve dans les notes

A très vite !

 

 

 

 

                   

                                                                               

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